Comment s’inspirer des startups pour innover ? (1/3)

Depuis plus d'1 an, nous sommes allés aux 4 coins de la Bretagne faire une conférence sur la manière dans les entreprises peuvent s’inspirer des startups pour innover. Les bons retours étant au rendez-vous, nous avons décidé d'en faire une série d'articles :

  1. Pour quelles raisons est-ce un sujet d’actualité ? (l'objet de ce premier article)
  2. Comment lancer un projet innovant en s’inspirant d’une startup ?
  3. Comment structurer une démarche d’innovation ?

Pour quelles raisons parle t-on autant de startups lorsqu'il s'agit d'innovation ?

Depuis quelques temps, les startups se font une belle place dans l’actualité économique. Elles innovent, elles sont attractives, suscitent des vocations, lèvent (beaucoup) de fonds, créent des emplois et font la une des magazines. Un état de grâce en quelque sorte, qui attire aussi bien qu’il fait fuir. Que l'on trouve légitime ou pas cette médiatisation, le fait est que les startups sont attractives pour les entreprises à la recherche d'innovation. Et il y a de bonnes raisons à cela : Le monde a changé Avec pour principal moteur de ce changement, le numérique. Les règles du jeu ont changé, les rapports de force ont changé. Plus qu'être gros, il faut surtout aller vite. Des entreprises deviennent globales à des vitesses folles, et challengent les acteurs historiquement en place sur leurs marchés (Airbnb, Uber, Google, Netflix, ...). Dans ce "nouveau monde", les startups tirent leur épingle du jeu.

La startup est designée pour innover

Il est utile en effet de rappeler ce qui distingue une entreprise d'une startup (si vous voulez explorer ce sujet, c'est par ici). La principale différence entre la startup et l'entreprise, c'est qu'une startup cherche un modèle économique (elle est donc dans une phase d'exploration, de recherche), tandis qu'une entreprise exploite un business model qui fonctionne (elle est dans une phase d’exécution). Généralement, cette définition d'une startup (par Steve Blank) fait foi : "une startup est une organisation temporaire à la recherche d'un modèle économique répétable et qui puisse passer à l'échelle".

Le dilemme de l'innovateur

L'impact de ce monde qui bouge n'est pas seulement technologique. La technologie n'est plus qu'une facilité, au même titre que l'électricité, les rails, etc. Le véritable impact est celui sur les business model des entreprises, et les chaines de valeur des différents secteurs qui sont bouleversés. Sur le sujet du business model, on parle du dilemme de l'innovateur, avec l'exemple de Kodak, leader mondial disparu en quelques années, n'ayant pas su investir suffisamment tôt dans la photographie numérique, alors même que le premier appareil numérique voyait le jour dans les labo de Kodak, en 1976. La principale raison : le manque d'attractivité du modèle économique. En effet, alors que Kodak basait son modèle sur du consommable (la pellicule) sur lequel il avait de très forte marge, le modèle du numérique projetait l'entreprise. Sur le sujet de la chaîne de valeur, regardez par exemple comment Booking s'est intégré dans la chaîne de valeur de l’hôtellerie, en captant la relation avec le client, et plusieurs points de marge pour tous les acteurs de la filière. C'est un risque que les entreprises ont identifié... et essayent de surmonter.

L'éloignement du client

La force des startups est alors de développer de nouvelles solutions, plus ou moins radicalement différentes de l'existant, mais qui, surtout, du fait de la proximité avec les clients, répondra parfaitement à leurs besoins. Au départ d'une entreprise, on est souvent proche des 100% de personnes au contact (ou très au fait) des besoins des clients. Et plus l'entreprise grandit, plus ce taux est faible. C'est pour contre ce phénomène que l'entreprise Haier a, sous l'impulsion de son PDG Zhang Ruimin, transformé son organisation de 50 000 personnes en créant 4 000 unités autonomes et mutlticompétents (avec R&D, logistique, vente et marketing), qui se gèrent comme des centres de profits, qui interagissent directement avec le client et prennent des décisions de manières autonomes.

Le complexe de dieu

Présenté dans cette conférence TED absolument géniale, le complexe de Dieu c'est avoir la conviction de détenir (ou d'avoir besoin de détenir) la solution infaillible à un problème donné. L'ennui, c'est que nous vivons dans un monde de plus en plus complexe, et que ce syndrome vous empêche de passer à l'action, faute d'être sûr. Beaucoup plus présent dans les startups que les entreprises (mais n'en faisons pas une généralité !), l'apprentissage et l'exploration par essai/erreur (test & learn) est une posture qui permet de passer outre, d'explorer des pistes que l'on explorerait pas autrement, et qui fait partie des bonnes raisons pour lesquelles des entreprises cherchent à s'inspirer des startups.

Notre monde se complexifie, évolue rapidement, tout comme les besoins et aspirations des individus et des entreprises. Cela nécessite une nouvelle posture dans laquelle les startups excellent : de l'agilité, de l'expérimentation, et beaucoup d'attention accordée aux clients.

Publié par: Guillaume Chevalier

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